Amis n’ayant que le baccalauréat en poche soyez rassurés, la dictature des diplômes est terminée. Jean Sarkozy l’a prouvé, lui qui est conseiller général des Hauts-de-Seine depuis qu’il a 21 ans et bientôt président de l’EPAD (Etablissement Public pour l’Aménagement de la Défense). En effet, son ascension fulgurante, qui a commencé en bas de la hiérarchie sociale avec seulement un Bac L comme bagages, un passage raté en hypokhâgne et enfin une deuxième année en études de Droit (deuxième année qu’il a redoublé 2 fois quand même), montre bien que l’on peut juste avoir le Bac, être très largement moyen dans ses études et tout de même obtenir des postes qui permettent de brasser des millions d’euros. Qui a dit que le nom de famille jouait pour beaucoup là-dedans ?
Bref, je ne vais pas revenir sur sa candidature controversée à la présidence de l’EPAD, aidé de son cher père, ni au fait que lors du vol de son scooter d’importants moyens ont été déployés (notamment des tests ADN, comme la police aurait fait pour n’importe quel autre citoyen) afin de rechercher les coupables et encore moins la relaxe prononcée alors que Prince Jean été coupable de délit de fuite. Non, je vais plutôt vous parler du point le moins controversé de la vie de notre cher Jean, ça changera pour une fois.
Non, je vais plutôt vous parler de son élection démocratique au sein du Conseil Général des Hauts-de-Seine. D’un point de vue légal, il n’y a rien à dire. On ne peut pas l’accuser de tricheries, manipulations ou autres puisqu’il n’y en a pas eu (profitez, pour une fois que je ne crache pas mon venin sur le dos du clan Sarkozy-UMP). En revanche, on peut critiquer le fait que son nom, son père, bref son statut de « fils du Président de la République » ait influencé un bon nombre de citoyens. Car voyez-vous, même si peu de personnes en parlent, la même personne (Prince Jean pour ceux qui n’arrivent pas à suivre au fond) sans son statut de « fils de » n’aurait sans doute pas été élu au Conseil Général, il n’aurait en tout cas pas eu un si grand score (51,91% quand même). En effet, imaginons que vous votiez aux élections cantonales dans le canton de Neuilly-sur-Seine-Sud. Vous avez plusieurs candidats qui se présentent à vous, comme dans toute élection démocratique. Auparavant (en Mai 2007 pour être précis) vous aviez voté pour le candidat UMP, Nicolas Sarkozy, aux élections présidentielles et vous êtes tout à fait satisfait du travail qu’il fait en tant que chef d’Etat (oui je sais, c’est difficile d’être satisfait mais ce n’est pas interdit). Or il se trouve que l’un des candidats a cette fameuse élection cantonale est le fils de Nicolas Sarkozy (que vous aimez beaucoup, rappelons le). A mon avis, votre choix sera vite fait et votre logique vous poussera à penser que Jean Sarkozy suivra l’œuvre de son père, organisera sa politique en accord avec celle du son Papa de Président de la République (le même dont vous êtes fier). Vous voterez donc sans aucune hésitation pour le fils de Nicolas Sarkozy.
Mais à la rigueur, on aurait pu penser pour ces élections que n’importe quel autre candidat UMP aurait eu une belle victoire (canton de Neuilly-sur-Seine-Sud je le rappelle !!!). Quoiqu’on aurait légitimement le droit de demander à avoir un candidat compétent qui a un minimum d’expérience en politique voir un réel diplôme (c’est le même problème que pour David Douillet à croire que c’est une spécialité de l’UMP). Seulement voilà, qu’en est-il lorsque Jean Sarkozy se présentera (et il le fera) lors d’élections où les différents partis politiques se livrent habituellement une lutte féroce (et où la Droite est réellement divisée) ? Les gens ne se baseront-ils pas uniquement sur ses origines familiales plutôt que sur ses compétences ou ses études (deux choses très limitées chez Jean) ? La politique est-elle maintenant le fait de « fils de » comme c’est le cas de Jean Sarkozy ou Martine Aubry (fille de Jacques Delors, statut sur lequel elle a pas mal jouée) ? Alors même que les diplômes ont de plus en plus de valeur, un jeune homme sans réelles compétences scolaires (Jean n’a que le Bac) peut-il se permettre de donner des leçons de politiques sans même avoir quelques connaissances de la véritable vie ?
Bref, je vous laisse seuls juges, je pense que vous devez déjà connaître mon opinion sur les Sarkozy. En tout cas, cette nouvelle polémique à propos de Prince Jean et de l’EPAD aura fait rigoler un bon nombre de nos voisins plus ou moins lointains. De la Grande-Bretagne à l’Australie en passant par la Chine, l’Inde et l’Iran. Des démocraties se moquent du « népotisme à la Française », des dictatures rigolent des « donneurs de leçons démocratiques Français qui ne respectent même pas leur propre préceptes » et l’Inde déclare même que le « système de dynastie n’est pas terminée en France ».
Mais le pire dans tout cela c’est que tout ces pays ont raisons. A quand la honte d’être un citoyen Français gouverné par des Hommes qui ne sont même pas capables d’agir démocratiquement ?
Crier avec les loups, quoi de plus facile ? Le conformisme est la forme démocratique de censure, souvenez vous en.
Plusieurs critiques :
Que connaissez vous de ses compétences quand vous affirmez qu’elles sont très limitées ? C’est tellement bas. Répugnant de mesquinerie. David Martignon, major de sa promo à l’ENA n’a pas été fichu d’être élu dans le même canton de Neuilly Sud alors qu’il a été le porte parole de Sarko pendant des années et qu’il avait la tutelle de l’UMP.
Alors le Prince Jean comme vous l’appelez, semble avoir un certain talent en politique, ce qu’on peut effectivement appeler “compétence”.
Je ne suis pas convaincu que l’âge soit forcément un vecteur de “connaissances de la véritable vie” comme vous l’appelez. Ce n’est pas parce que l’expérience est plus longue qu’elle est nécessairement plus grande.
Il y a beaucoup de raisons de critiquer, trouvez en des bonnes. Mais je pense qu’il y a une jouissance masturbatoire à médire/calomnier ainsi. Souvenez vous de ce vieux précepte : Qui t’a fait juge ?
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